C'est qui Diabolo ?" : un 'tit questionnaire pas trop amer pour cerner le pépère :



 

 

Et pis d'abord, à l'époque de la rue, c'était pas trop la galère ?

Pas du tout ! Je payais mon loyer en pièces de 20 centimes, j'avais une chambre de bonne et j'amenais un grand sac en plastique de 2 kgs à ma propriétaire, qui était boulangère, par ailleurs... Une fana de la petite monnaie, quoi...




 

 

Et pis d'abord, pourquoi "Diabolo" ?

Parce que j'aime le Paradis pour son climat et l'Enfer pour ses fréquentations, clair, non ?

 


 

 

Et pis, aussi, on m'a dit que tu n'aimais pas l'harmonica, c'est quoi c't'histoire ?

Oui, je n'aime pas l'harmonica en tant qu objet, un harmo me fait une semaine si je suis en tournée, parce que ça s'use vite, après poubelle ou je les écrase avec mon pied et j en fais des harmonicas qui sont tres intéressants dans les musiques africaines selon le hasard du choc !! . essayez vous verrez c est terrible !!!... je ne peut pas m'attacher à l'objet "instrument", pas comme une Gibson, par exemple, que tu as pour la vie. alors... Pour un harmoniciste, j'ai eu la chance intuitive de ne pas avoir appris que sur des morceaux d'harmonicistes , et mes inspirateurs sont Paul Butterfield , Sugar Blue , Magic Dick, Stevie Wonder, Mark Feltham et depuis peu Larry Adler. Je me suis fait mon éducation surtout sur des univers hors Blues, des gens comme Miles Davis, NIN, Ravel, Satie ou encore Vangelis, pour ses atmosphères, qui m'ont appris la notion de climat musical et sonore, et appréhender l'usage de l'harmonica comme "nappe sonore". Ce que j'aime avant tout, c'est le Son, en tant que vibration universelle, mise en musique ou en ambiances, en notes ou en effets... Ne connaissant pas le solfège, je suis attiré par le fait d'immiscer cet instrument particulier dans des univers où il n'a théoriquement rien à faire, voir même pas sa place...

 


 

 

Et pis, un beau jour, tu rencontres Higelin...

Oui ! un soir, après une bonne manche dans le RER, suivant le conseil de Jean -Louis Foulquier d'aller traîner dans une boîte nomme " L' ELDORADO " où il y avait plein de jams-sessions , je tombe sur Higelin que je ne connaissais même pas de nom, et je me retrouve happé par un" banlieue boogie blues" sans avoir rien demandé ! Apres un bon boeuf endiablé, il me demande si je peux faire le "Casino de Paris" : là, je me souviens très bien lui avoir répondu : " ah non, j ai pas le temps : demain, je suis dans le métro !!". Mais le destin fit que mon complice et ami Sundy (guitariste) décida de quitter la planète à ce moment-là !! C'était parti pour 7 ans avec Jacques!!!